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L’ashram d’Amma, spiritualité avant votre cure ayurvédique

L'ashram d'Amma, figure spirituelle et humanitaire, avant votre cure ayurvédique
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L’ashram d’Amma, figure spirituelle et humanitaire, avant votre cure ayurvédique

Sri Mata Amritanandamayi Devi, plus connue sous le nom d’Amma, est une figure spirituelle d’exception. Née en 1953 dans une humble famille de pêcheurs du Kerala, elle a très tôt incarné la compassion et la dévotion en venant en aide aux plus démunis. Aujourd’hui, elle est à la tête d’Embracing The World, une ONG reconnue par l’ONU depuis 2005 pour son engagement social et caritatif, à travers le monde.

L’ashram Amritapuri

Son ashram, Amritapuri est à 130 kilomètres de l’aéroport de Cochin. Etabli sur son lieu de naissance, il est devenu un centre spirituel majeur, attirant des chercheurs de vérité venus du monde entier.
Situé entre les lagunes paisibles du Kerala et la mer d’Arabie, ce lieu illustre parfaitement la philosophie du Vasudhaiva Kutumbakam (वसुधैव कुटुम्बकम), expression sanskrit issue d’un verset des Upanishads qui véhicule une philosophie profondément humaniste et universelle, puisqu’elle signifie : « Le monde entier est une seule famille ».
L’ashram d’Amma accueille des visiteurs du monde entier, sans distinction de caste, de nationalité, de culture, de religion ou de statut ou de croyance. Ce concept met l’accent sur l’unité de l’humanité au-delà des frontières, des religions et des différences culturelles. Il invite à voir chaque individu comme un membre de notre propre famille, favorisant ainsi la bienveillance, l’inclusion et la solidarité.
La vie communautaire, le seva (service désintéressé) et les pratiques spirituelles partagées illustrent parfaitement cette philosophie en action, dans une atmosphère de paix et de bienveillance.

Les Points Forts : La Lumière d’Amma

L’ashram propose une riche diversité de pratiques spirituelles : méditation, récitations de mantras, cours de sanskrit, retraites silencieuses, conférences, rituels sacrés et yoga (selon les périodes). Ces expériences permettent de vous recentrer, tout en partageant une énergie collective qui ne peut vous laisser insensible.
Mais l’un des moments les plus marquants de mon séjour reste sans aucun doute ma rencontre avec Amma.
Son arrivée pour les méditations collectives vous font grimper les poils. Être en sa présence, bercée par les chants dévotionnels (bhajans) et les méditations collectives, procure une sensation d’harmonie intérieure incroyable.
L’ambiance, pouvoir observer la dévotion dans les yeux et les sourires des résidents et ceux des indiens qui rejoignent le temple en fin de journée est sans égal. L’atmosphère vibrante est renforcée par la présence de fidèles engagés, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance à une communauté universelle.
Et puis, il y a le fameux Darshan, ce câlin, symbole d’amour inconditionnel, donné par Amma. Il est censé transmettre une énergie apaisante et bienveillante. J’ai lu qu’il pouvait guérir, vous transcender. Je n’ai rien ressenti de cet ordre là. Après avoir patienter quelques heures, je me suis retrouvée dans ses bras. L’étreinte est très rapide. Amma, très sollicitée, enchaine les câlins, tout en discutant avec ceux qui la sollicitent. Bref, ce n’est pas le câlin que je retiendrais finalement mais l’ambiance, les rituels, les chants qui bordent ce moment.

Pour recevoir le darshan, vous devez avoir un token, généralement donné autour de 10 ou 11h du matin, juste avant le début de la cérémonie ou à votre arrivée. Amma souhaitent que les nouveaux arrivants à l’ashram soient prioritaires pour recevoir un token et se rendre au Darshan. Lorsque j’y suis allée, j’ai eu la chance qu’elle soit là, d’obtenir mon token à la remise de la clef de ma chambre et de recevoir le darshan, le soir même. Dans la journée, vous pouvez aussi aller demander un token en fonction du nombre de personnes présentes.  De nombreux indiens viennent aussi recevoir le darshan, il y a donc plus de monde le weekend et en dehors des horaires de travail.

Les Défis : L’adaptabilité

L’ashram connaît une expansion constante en raison de l’afflux croissant de visiteurs. Ses infrastructures, en perpétuelle évolution, lui confèrent parfois une ambiance plus urbaine que contemplative. Vous allez devoir vous adapter à plusieurs facteurs.

  • Le bruit. Lors de mon séjour, un nouvel immeuble était en construction, et un résident m’a expliqué que l’ashram est toujours en travaux. Le bruit des chantiers peut troubler la sérénité des lieux et rendre le sommeil difficile, même avec des bouchons d’oreilles. Et puis, j’ai eu la chance de voir Amma et quand elle est là, il peut y avoir jusqu’à 5000 personnes dans l’ashram. Heureusement, les espaces dédiés à la méditation et aux prières offrent des refuges propices au recueillement.
  • Le manque de confort. Les chambres, bien que simples, reflètent l’esprit d’humilité et de dépouillement du lieu. Il n’y a pas de douche, vous apprendrez à vous laver au sot. J’ai aimé cet exercice d’adaptabilité et me confronter à l’essentiel. Ce qui m’a le plus gêné est le bruit, qui passe à travers les fenêtres de fortune.
  • Les chiens errants. La plage, à quelques pas, permet également de trouver un moment de calme pour méditer ou simplement contempler l’horizon. Vous veillerez à éviter les chiens errants, porteurs de la galle. Des cas de galle étaient recensés dans l’ashram, à mon arrivée.
  • La modernité. Amma tient à ce que tous les enfants du monde entier se sentent comme chez eux. Sur place, je fus surprisse de trouver un supermarché ne proposant que des produits transformés : sodas, confiseries, nouilles déshydratées, biscuits, chips, etc. J’avais naïvement en tête que le corps, hébergeant l’âme, doit être entretenu. Je m’attendais à une alimentation « santé ». Je ne pensais pas pouvoir boire du café et manger des cookies.
  • L’hygiène.  Je vous invite à faire très attention à l’hygiène notamment si vous utilisez la vaisselle mise à disposition, dont le lavage est assuré par celui qui l’utilise. Le thé est distribué après la cérémonie du matin et à la fin de la Puja. Des repas sont aussi distribués gratuitement midi et soir. Je vous invite à avoir votre tasse et votre assiette. Vous pourrez en acheter au supermarché de l’ashram. Je suis repartie avec une infection urinaire carabinée et 2 semaines d’antibiotiques.

Une organisation quotidienne : Entre discipline et apprentissage

La vie à l’ashram suit une routine bien établie, marquée par des horaires précis. Pour quelqu’un habitué à une certaine spontanéité, ce cadre structuré peut représenter un défi. Cependant, cette discipline permet d’organiser vos journées et d’apprécier pleinement chaque instant.

  • 04h50 – 06h00 Chant de Lalita Sahasra Nama (les 1000 noms de la Mère Divine)
  • 06h30 – 07h30 Méditation – Puja
  • 08h30 – 09h30 Petit-déjeuner
  • 10h00 – 13h00 Seva
  • 12h30 – 14h00 Déjeuner
  • 14h00– 17h00 Seva
  • 17h00 – 18h00 Méditation – Puja
  • 18h30 – 20h00 Bhajans
  • 20h15 – 21h00 Dîner
  • 21h00 – 22h00 Étude personnelle, méditation, tenue d’un journal ou darsham

Selon les périodes, divers cours de yoga, de méditation et d’écritures sont également proposés. Les jours de festival, les horaires changent.

  • Puja de 5h à 6h30 est un rituel védique impliquant prières, offrandes et culte des divinités. La puja comprend souvent l’allumage de lampes (diyas), l’offrande de fleurs et de nourriture (prasad), le chant de mantras et la pratique de l’aarti.
  • Seva. Le bénévolat, qu’il s’agisse de cuisine, de nettoyage ou de tri des déchets – est une composante essentielle de votre expérience. Ces tâches, bien que modestes, rappellent l’importance du service désintéressé et du vivre-ensemble. Elles permettraient aussi d’améliorer votre karma.
  • Bhajans. Ce sont des chants dévotionnels chantés à la gloire des divinités, souvent interprétés lors des pujas, satsangs et rassemblements religieux. Ils constituent une forme de bhakti (dévotion) et contribuent à créer une atmosphère spirituelle. Les bhajans peuvent être dédiés à des dieux comme Krishna, Rama, Shiva, Durga, Hanuman et bien d’autres. Les paroles simples et répétitives pour faciliter la dévotion.

Malgré les défis liés au développement et à l’affluence, mon séjour à l’ashram d’Amma reste une expérience profondément enrichissante. Les enseignements d’Amma, la puissance de ses bénédictions et l’énergie vibrante du lieu restent gravés en moi.

Voici mes conseils pour une immersion optimale :

  • Réservez à l’avance : Le coût du séjour est très abordable (environ 5 € par jour avec repas inclus), mais vous devez planifier à l’avance votre arrivée, grâce au site internet. Deux nuits étaient obligatoires à ma réservation pour recevoir le darsham.
  • Immergez-vous dans la vie communautaire : La participation aux Seva est une belle opportunité d’échange et d’engagement.
  • Adoptez une tenue simple et respectueuse : Les vêtements modestes, de préférence blancs, favorisent une atmosphère spirituelle propice à la méditation. Rien n’est imposé mais le blanc notamment pendant les moments de cérémonie est recommandé. Pour les femmes, porter une étole comme les Indiennes le fond pour recouvrir les épaules et la poitrine fait partie des règles de politesse et devient nécessaire notamment pour recevoir le darshan. Vous pourrez vous procurer des vêtements blancs et une étole dans les boutiques de l’ashram. Les prix sont très abordables (voir dérisoires) dans le magasin de seconde main.
  • Explorez la région : Profitez de votre voyage pour découvrir les magnifiques backwaters du Kerala et les environs de Fort Cochin.
  • Venez avant votre cure et non après : Visiter, expérimenter, découvrir se font avant une cure ayurvédique. Après une cure, il est conseillé de rentrer pour enraciner les bienfaits de votre cure et ne pas vous exposer à des kilomètres supplémentaires, un rythme, une alimentation et une hygiène que vous contrôlerez moins que chez vous.

L’ashram d’Amma est un espace d’apprentissage, d’adaptabilité et de transformation, où chaque expérience devient une opportunité de grandir. Pour ceux qui recherchent un équilibre entre introspection et ouverture au monde, passer par cet ashram me semble indispensable, ne serait-ce pour se faire sa propre idée.
L’atmosphère de l’ashram est bien moins austère que d’autres centres spirituels plus traditionnels, ce qui peut déconcerter certains chercheurs en quête d’un mode de vie monastique. Pourtant, c’est peut-être là un des plus grands enseignements d’Amma : apprendre à cultiver la paix intérieure, même au cœur du tumulte extérieur.

Je repars de cette expérience avec une profonde gratitude et une réflexion renouvelée sur la nécessité de préserver la quiétude des lieux spirituels dans un monde en perpétuelle transformation.

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